Le conflit au Moyen-Orient provoquera un nouveau choc sur le marché immobilier
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9 juillet 2026
Le nombre de ménages belges pouvant se permettre d’acheter une maison ou un appartement neuf a encore diminué par rapport à l’an dernier. Ce constat ressort d’un nouveau calcul réalisé par le développeur de quartiers Matexi et la plateforme de données immobilières Realo dans le cadre du Baromètre de la construction neuve, qui analyse l’évolution des prix sur le marché belge de l’immobilier neuf. Ces prix poursuivent leur légère progression, dans un contexte où la hausse des taux hypothécaires et l’inflation pèsent toujours davantage sur le pouvoir d’achat des ménages.
Les prix des appartements neufs ont progressé de 1,36 % sur une base annuelle. Cette hausse est principalement portée par la Flandre. Pour la première fois, les prix enregistrent un très léger recul en Wallonie, en glissement tant annuel que trimestriel.
Les prix des maisons neuves ont progressé de 2,57 % sur un an :
Compte tenu de l’inflation, qui a atteint 4,08 % en mai 2026, les prix ont toutefois légèrement reculé en termes réels. Depuis le début de l’année 2022, les hausses de prix de l’immobilier neuf évoluent globalement au même rythme que l’inflation. Sur cette période, les prix des maisons et des appartements neufs ont progressé de 15,6 % et 17,8 % respectivement, contre une hausse de 17,3 % de l’indice des prix à la consommation.
Le calcu réalisé par Matexi et Realo montre qu’environ 1,88 % des ménages belges peuvent encore acquérir une maison neuve, contre 1,99 % un an plus tôt. Pour les appartements neufs, cette proportion s’élève à 3,44 %, contre 3,81 % il y a un an.
Du côté de la demande sur le marché de l’immobilier neuf, la hausse des taux hypothécaires joue un rôle déterminant. À la suite de la guerre en Iran et de la fermeture du détroit d’Ormuz, les prix de l’énergie ont augmenté, ce qui a accentué les tensions inflationnistes. Cette évolution s’est traduite par une hausse des taux d’intérêt à long terme et, par conséquent, des taux hypothécaires. La capacité d’emprunt des ménages s’en trouve encore réduite, ce qui freine la demande de logements neufs.
Du côté de l’offre, les chiffres les plus récents montrent que les coûts de construction continuent d’augmenter à un rythme soutenu. Au premier trimestre 2026, ils ont progressé de 4,0 % sur un an par rapport au premier trimestre 2025, soit une hausse nettement supérieure à celle des prix de l’immobilier neuf. Depuis le début de l’année 2022, les coûts de construction ont augmenté de 21,0 %, davantage que les prix des logements neufs. Par rapport au début de l’année 2020, cette hausse atteint même 40,0 % (source : Indice des prix à la production dans la construction). Les indicateurs de prévision des prix de la Banque Nationale de Belgique font en outre apparaître, depuis avril 2026, une tendance clairement orientée à la hausse, ce qui laisse présager la poursuite de cette inflation des coûts dans les prochains mois. Cette évolution exerce une pression supplémentaire sur les marges des développeurs et risque de freiner l’offre future de nouveaux projets.
Le marché immobilier subit de plein fouet la hausse des taux hypothécaires et des coûts de construction. Le prix auquel les logements neufs peuvent être réalisés dépasse désormais les capacités financières d’un nombre croissant de ménages. Cette évolution est d’autant plus préoccupante qu’elle intervient au moment où les besoins en nouveaux logements n’ont jamais été aussi importants. Les jeunes ménages sont les premiers à en subir les conséquences.
Roel Helgers
Market Economist chez Matexi
Fabrice Luyckx, data analyst chez Realo : « Le fait que la hausse des coûts de construction ne se répercute pratiquement plus sur les prix au deuxième trimestre, avec une augmentation limitée à Bruxelles et inexistante en Wallonie, témoigne de tensions croissantes sur le marché. En Flandre, les prix continuent de suivre leur tendance à long terme, mais les tensions s’y accentuent également de manière perceptible. »