Pourquoi devons-nous envisager l’espace et le logement sous un autre angle pour résoudre la crise du logement ?
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La deuxième enquête, menée en collaboration avec Hoplr, a de nouveau rassemblé plus de 26 000 répondants issus de 186 communes belges et portait sur le thème de la sécurité routière. Les résultats montrent que 83 % des Belges se sentent chez eux dans leur quartier, mais dès que nous nous engageons dans la circulation, de grandes différences de sentiment de sécurité apparaissent. Alors que l'automobiliste se sent en sécurité, le cycliste et surtout l'utilisateur de trottinette se sentent vulnérables. La sécurité routière est particulièrement sous pression dans les villes moyennes.
La deuxième enquête révèle une hiérarchie claire dans notre sentiment de sécurité, en fonction de notre mode de transport et de notre lieu de résidence.
Il existe un grand fossé dans la perception des différents modes de transport. La voiture est perçue, avec une large marge et une grande unanimité, comme le moyen de transport le plus sûr (score de +0,53 sur une échelle de -2 à +2). À pied également, nous nous sentons encore assez en sécurité (+0,17). Dès que nous passons sur deux roues, le sentiment s'inverse. Le vélo obtient déjà un score négatif (-0,18), mais la trottinette est la lanterne rouge absolue (-0,57). Les utilisateurs de trottinettes perçoivent leur situation comme trois fois plus dangereuse que les cyclistes.
La taille de la commune joue un rôle complexe dans notre expérience de la circulation. Nous ne voyons pas une simple ligne allant du village à la ville, mais un motif frappant de « vallée et rétablissement ».
Dans les petites communes (< 30 000 habitants), que nous appelons le « haut plateau villageois », la sécurité routière perçue est la plus élevée.
Cela contraste fortement avec les villes moyennes (50 000 - 100 000 habitants), qui constituent un point bas statistique. Dans cette « vallée intermédiaire », les habitants se sentent le moins en sécurité dans la circulation pour la plupart des modes de transport, y compris la voiture et le vélo.
Cependant, dans les grandes villes (> 100 000 habitants), nous observons un « rétablissement urbain » où la sécurité perçue remonte. Les piétons s'y sentent même le plus en sécurité de tous, ce qui indique l'effet positif d'infrastructures adaptées.
Il ressort des plus de 22 000 suggestions que la vitesse excessive est partout considérée comme la plus grande menace. Pourtant, la solution souhaitée diffère fondamentalement selon le type de commune:
Dans les villages (< 20 000 hab.), l'accent est mis sur les infrastructures de base. Les habitants demandent des choses élémentaires comme des trottoirs sûrs, un bon éclairage et la réparation des nids-de-poule dans la chaussée.
À mesure que la population augmente, cette demande cède la place à un appel pour des infrastructures cyclables améliorées.
Dans les villes (> 100 000 hab.), nous voyons davantage une « lutte pour l'espace ». La demande d'infrastructures cyclables de haute qualité et séparées (40-45 %) y est aussi importante que l'inquiétude concernant la vitesse. Les habitants veulent que l'espace public limité soit aménagé de manière à éviter autant que possible les conflits entre voitures, vélos et piétons.
Les résultats de cette deuxième enquête, à laquelle ont participé plus de 26 000 citoyens, confirment l'image de la première édition : la perception générale du quartier est positive.
Sentiment d'appartenance (Se sentir chez soi) : Pas moins de 83 % des répondants se sentent chez eux dans leur quartier.
Mobilité et espaces verts : On est généralement satisfait des possibilités de déplacement (79 %) et de la vue sur la verdure (70 %).
Cohésion sociale : Nous observons ici des scores plus faibles. Seuls 60 % se sentent connectés avec les gens du quartier.
Commodités : Avec 59 % de satisfaction concernant l'offre de commerces, cet aspect obtient le score le plus bas, les avis étant fortement partagés selon le lieu de résidence.
Le deuxième Baromètre du Quartier confirme qu'un quartier fort évolue à deux vitesses. D'une part, les bases sont bonnes : la grande majorité des Belges se sentent chez eux dans leur quartier et sont satisfaits des possibilités de déplacement et de la verdure. D'autre part, le tissu social reste fragile : le sentiment de connexion avec les voisins est à la traîne. Un cadre de vie physique agréable ne se traduit donc pas automatiquement par un réseau social soudé.
En matière de sécurité routière, le défi réside principalement dans le sur-mesure par type de commune. Alors que les grandes villes profitent d'un « rétablissement urbain » grâce à des infrastructures adaptées et que les villages s'appuient sur leur petite échelle, les communes moyennes (50 000-100 000 habitants) tombent trop souvent entre deux chaises avec les scores de sécurité les plus bas. La mission des décideurs politiques est claire : dans les villages, la sécurité signifie l'aménagement de confort de base comme des trottoirs ; dans les communes moyennes et les villes, elle exige la séparation physique des flux de trafic pour trancher la lutte pour l'espace.