La transition vers une mobilité durable
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De plus en plus de villes et communes examinent la manière dont la mobilité partagée peut contribuer à un système de mobilité plus durable. Mais comment faire de la mobilité partagée un succès ?
En effet, la mise en place d’un service de voitures ou vélos partagés ne suffit pas à modifier les habitudes de déplacement. Notre expérience en tant que développeur de quartier nous montre que la réussite de la mobilité partagée passe d’abord par une vision plus large du quartier. Fort de son expérience pratique, Gert Petit, développeur de projets, partage dix facteurs qui font la différence.
« La mobilité va bien au-delà des infrastructures ou de la technologie. Elle dépend notamment de la situation géographique d’un quartier, de la proximité des infrastructures, de la qualité des liaisons cyclables et piétonnes, ainsi que de l’accessibilité en transports en commun », explique Gert. La mobilité partagée n’est pas une fin en soi, mais un moyen stratégique de rendre les quartiers plus agréables à vivre, plus sûrs et plus verts. En réservant moins d’espace aux voitures, on laisse davantage de place aux espaces verts, aux rencontres, aux jeux et à la mobilité douce.
Les quartiers ne sont pas des îlots, mais s’inscrivent dans un contexte urbain ou périurbain plus large. Gert : « En commençant par une analyse du quartier, vous identifiez les infrastructures existantes, les modes de déplacement actuels des résidents et les possibilités en matière d’utilisation du vélo, des transports en commun et de la mobilité partagée. Ensuite seulement, il sera possible de déterminer quelles solutions de mobilité sont les plus adaptées à cet endroit précis. »
Les bases d’une mobilité durable ne reposent pas sur les voitures partagées, mais sur l’aménagement du quartier lui-même. « Les liaisons cyclables sécurisées, les chemins de traverse, les petites routes locales et les espaces publics attrayants font de la marche et du vélo le choix le plus évident pour les petits trajets », explique Gert. « Un point de départ important : d’abord les piétons et les cyclistes, puis les transports en commun, la mobilité en tant que service (mobilité partagée) et enfin la voiture particulière. »
En regroupant le stationnement à la périphérie d’un quartier, on libère de la place pour des espaces verts, des aires de jeux et des espaces de rencontre. Cela permet de créer un environnement dans lequel les résidents sont plus ouverts aux modes de transport alternatifs.
La mobilité partagée ne fonctionne pas de la même manière partout. Le contexte est déterminant : ce qui fonctionne en milieu urbain n’est pas automatiquement applicable en milieu rural ou périurbain. Dans un environnement urbain, il existe souvent déjà un réseau de transports en commun bien développé et les résidents sont habitués à la mobilité partagée. Dans les zones rurales, il s’avère beaucoup plus difficile d’atteindre un nombre suffisant d’utilisateurs. Les zones périurbaines se situent quelque part entre ces deux extrêmes.
Gert : « Notre expérience pratique nous montre que le succès de la mobilité partagée ne dépend pas d’une seule mesure, mais d’un ensemble de conditions préalables qui se renforcent mutuellement :
Analyser et comprendre le contexte du quartier.
Entamer le plus tôt possible les consultations entre la ville ou commune, les partenaires de mobilité et les promoteurs immobiliers éventuels.
Veiller à une répartition des rôles claire entre les pouvoirs publics, les opérateurs de mobilité et les partenaires privés.
Choisir un emplacement visible et central dans l’espace public.
Assurer la correspondance avec les autres moyens de transport.
Collaborer avec des partenaires stables, capables de se développer avec vous sur le long terme.
Opter pour un déploiement progressif : adapter l’offre en fonction du degré de maturité et du taux d’occupation du quartier.
Veiller à la flexibilité : l’offre doit pouvoir s’adapter à la demande.
Surveiller l’utilisation et apporter les ajustements nécessaires.
Sensibiliser aux moments opportuns. Les déménagements sont souvent un moment clé pour influencer les comportements en matière de mobilité. Les nouveaux résidents sont plus ouverts à de nouvelles habitudes et à des alternatives à la voiture particulière. »
La mobilité partagée peut être un puissant levier pour des quartiers durables, mais uniquement si elle s’inscrit dans une vision plus large de la qualité de vie. « En misant sur un emplacement judicieux, des partenaires solides, un calendrier bien pensé et une approche globale de la mobilité, les chances sont plus élevées que les résidents adoptent réellement des modes de déplacement durables, de sorte que la mobilité partagée soit vraiment utilisée », conclut Gert.